La Ville a abandonné les produits chimiques dans l’entretien des espaces verts

Résumé
Dès aujourd’hui, la Ville n’utilise plus aucun produit phytosanitaire (chimique) pour l’entretien de ses multiples et différents espaces verts. L’objectif « zéro-phyto » fixé par Guillaume Barazzone en 2015 est atteint.

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La Ville passe un cap majeur en termes de gestion de son patrimoine végétal. Après presque un siècle d’utilisation de produits phytosanitaires, insecticides, herbicides, fongicides et engrais chimiques ont été bannis de l’entretien courant des espaces verts de la Ville de Genève. Pour mémoire, ces derniers représentent une surface totale d’environ 444 terrains de football (330 hectares), dont une soixantaine de parcs et promenades.

Cette transformation répond à l’objectif « zéro-phyto » fixé en 2015 par le conseiller administratif en charge du Développement urbain et de la sécurité Guillaume Barazzone. « Avec les équipes du SEVE, la Ville a réussi en quatre ans à repenser complètement l’entretien de ses espaces verts », souligne le magistrat. «Les bidons de produits chimiques ont été remplacés par des techniques d’entretien douces et respectueuses de la faune et de la flore. Cela permet de réduire la pollution des sols, d’améliorer la biodiversité en milieu urbain et cela représente aussi une plus-value en termes de santé publique car les produits phytosanitaires peuvent favoriser ou déclencher certaines maladies chez les individus ».  

 

Pour atteindre l’objectif « zéro-phyto », le Service des espaces verts a procédé par étapes.

Décembre 2017 : Abandon des insecticides

Les produits chimiques anciennement utilisés pour réguler les pucerons et autres ravageurs ont été remplacés par une lutte biologique avec des prédateurs naturels très efficaces (par ex : des coccinelles qui dévorent les pucerons)

Décembre 2018 : Abandon des herbicides
Les herbicides étaient employés pour lutter contre les « mauvaises herbes » et obtenir un effet « gazon de golf » sur les pelouses. L’objectif a changé : on souhaite aujourd’hui des pelouses plus naturelles. Des prairies fleuries remplacent souvent avantageusement le gazon (par ex : la Perle du Lac).

Novembre 2019 : Abandon des fongicides et des engrais chimiques
Les plantes de mosaïculture, comme celles de l’horloge fleurie, sont particulièrement sensibles aux attaques de champignons en raison de leur densité et de leur nombre. L’abandon de fongicides a nécessité de renoncer à certaines fleurs pour les remplacer par d’autres plus résistantes mais tout aussi spectaculaires.

L’abandon des produits phytosanitaires s’inscrit dans une politique globale visant à favoriser la biodiversité dans les espaces verts de la Ville. Entre 2016 et aujourd’hui, près de 200 pieds d’arbres ont été végétalisés, près 3000 m2 de béton ont été transformés en nouveaux espaces verts et 140 bacs de végétaux ont été installés dans des quartiers très minéraux lorsque le sous-sol était trop encombré pour planter un arbre. En tout, près de 93 000 m2 de prairies fleuries ont été semées en ville.

Les cheminements en goudron de plusieurs parcs (Bastions par ex.) ont été remplacés par un revêtement argilo-calcaire qui favorise l’infiltration des eaux de pluie et l’irrigation naturelle des arbres.

Dans certains parcs (La Grange par ex.) l’éco-pâturage avec des moutons a été introduit, de même que des nichoirs et des ruches. Ces actions concrètes favorisent le retour d’une faune essentielle (abeilles, insectes, etc) dans les parcs urbains.

En 2020, d’autres actions en faveur de la biodiversité seront entreprises. Au printemps prochain, les travaux du futur Jardin de roses du Parc La Grange débuteront. Ce jardin, composé uniquement de roses naturelles, remplacera l’ancienne roseraie qui était totalement dépendante des produits phytosanitaires.

Photos : © Magali Girardin

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Praires Fleuries Genève zero phyto espaces verts
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